Le désir est un des moteurs de notre vie, c’est ce qui nous fait avancer, progresser et c’est très bien comme cela. Rien n’est plus agréable que de voir l’un de ses désirs se réaliser, ou de réaliser son désir grâce à ses efforts et sa persévérance. C’est vrai, et c’est ce qui nous pousse à entretenir, et parfois même à chérir nos désirs comme quelques pépites précieuses et intimes, qui font partie de notre vie et nous aident à vivre.

Pourquoi notre désir empêche-t-il la réalisation de nos objectifs ?

Pourtant, lorsqu’il s’agit d’utiliser des systèmes autres que le travail, la persévérance et l’effort pour parvenir à nos désirs, comme la méditation, la visualisation, la Loi de l’Attraction, nos désirs peuvent alors devenir plus des freins qu’autre chose et ne nous aident plus du tout, au contraire, selon l’importance qu’on leur donne. Tout le monde se souvient du principe simplifié dans « The Secret », qui consistait à affirmer que si l’on désirait quelque chose, il suffisait de le visualiser très fort en fermant les yeux pour qu’il se manifeste dans le monde réel. Je simplifie bien sûr, mais c’est l’idée générale qui y est présentée et à laquelle on a envie de croire, car elle est très séduisante. Nous avons tous vite compris que ce n’est pas si facile que cela. Peut-être un être Eveillé (qui n’aura d’ailleurs plus envie de quoi que ce soit), ou une personne très claire dans sa psychologie, c’est-à-dire sans aucun frein ni résistance pourrait réaliser ce genre de miracles.

Ce qui va nous bloquer pour manifester nos désirs, nous, les autres, les non-saints, les non éveillés, les désireux et les gens normaux, c’est justement notre désir, le fait de désirer. Non pas que le désir soit mauvais en soi, il est moteur, surtout si l’on est prêt à travailler beaucoup et à faire énormément d’efforts, selon le niveau du désir en question. Mais si l’on souhaite prendre un raccourci, trouver une voie plus rapide, plus « magique », alors le fait de désirer peut vite devenir une entrave, selon l’intensité de ce désir. Une entrave uniquement pour nos désirs qui ont de l’importance. En effet, pour les désirs qui n’ont aucune ou peu d’importance, les choses sont plus facile et là, pour manifester des choses, un peu d’entraînement suffit. C’est l’importance que nous donnons à nos désirs qui rendent leur réalisation plus difficile, beaucoup plus difficile. C’est la raison pour laquelle les ouvrages qui parlent de la Loi de l’Attraction conseillent toujours aux débutants de commencer petit, par s’entraîner sur de petites choses, surtout sans importance.

Car l’importance active nos peurs, nos manques. Visualiser un objet désiré comme réalisé fera résonner les peurs (de rater, de ne pas y arriver, ou même de l’obtenir pour de vrai) et fera aussi résonner nos frustrations et nos manques (toutes ces années passées à désirer), à la mesure de l’importance que l’on donne à ce désir. Et visualiser un objectif comme réalisé en ressentant ou en faisant vibrer nos peurs et nos frustrations, bien malgré nous, aura plus de chances de manifester des situations de peurs et de manque plutôt que nos désirs réels et heureux, car ce sont nos émotions et notre ressenti réel et profond qui a le plus tendance à se réaliser.

D’où l’importance extrême, soit de nettoyer nos peurs avant ce genre de pratiques, ce qui peut demander pas mal de travail, soit de parvenir à méditer sur un objectif spécifique tout en lâchant totalement prise sur son importance, les désirs correspondant, sur notre vécu personnel frustrant par rapport à cet objectif… Bref, lâcher toutes les émotions négatives sous-jacentes dont nous n’avons que très peu conscience et qui viennent perturber notre travail de méditant.

Alors, comment visualiser en lâchant prise ?

Ma méthode pour parvenir à visualiser un objectif en lâchant toute cette cohorte de peurs, de désirs et de frustrations qui y sont rattachés ressemble à cela :

  1. Je commence  ma séance de méditation en faisant le vide total dans mon esprit. Si je n’y parviens pas, je répète très doucement la phrase « je ne pense à rien » plusieurs fois, sans aucune attente (de ne penser à rien).
  2. Je me connecte au présent, ici et maintenant, toujours en ne pensant à rien autant que possible. J’écoute les bruits autour de moi, la musique, je ressens le fauteuil sur lequel je suis assis, mes pieds sur le sol, l’air sur mon visage. Je prends contact avec ma réalité présente. Cela canalise mon mental et lui évite de partir dans tous les sens.
  3. Ce qui fonctionne le mieux ensuite pour moi est d’évoquer l’objet en restant le plus neutre possible, un peu comme un robot mécanique qui répète une phrase, sans rien y comprendre ou presque. Je veux être un robot sans intelligence à ce moment-là (c’est à dire sans mental qui va ma contredire et me présenter toutes mes résistances et paniquer). Alors, je répète passivement la phrase qui évoque le mieux mon désir déjà réalisé . Par exemple, je peux répéter « je suis en parfaite santé » si mon but est la santé. Mais en répétant ce petit mantra, je m’attache à ne penser à rien, à faire le vide dans mon esprit, à m’en dissocier. Je peux même penser, en tâche de fond « je m’en fous, ça n’a aucune importance, ce n’est pas important ». J’entretiens l’impression générale de détachement, de non-importance. Je peux aussi me dire que je ne fais que lire cette phrase que je répète sur un écran, ou que je la dis pour quelqu’un d’autre, cela occupe mon mental ailleurs qu’au contenu de la phrase. Vous l’aurez compris, toutes les techniques pour lâcher l’importance de l’objet que l’on évoque sont bonnes à prendre. Le but est de ne rien ressentir par le mental en rapport avec cette phrase. On ne veut rien, on n’attend rien, on ne désire rien, tout cela est totalement insignifiant.
  4. Si ce travail est bien fait, mais ça vient vite avec un peu d’entraînement, alors vous allez commencer à ressentir pour de vrai, comme vrai ce que vous êtes en train de répéter mécaniquement. Au fond du fond de vous même, commence alors à naître une sensation, très vraie, très réelle, hors mental, de ce que vous affirmez. Et toute la différence est là : ce n’est plus votre mental plein de désirs, de manques et de peurs qui évoque les choses (qu’il n’arrive pas à atteindre), mais votre moi plus profond qui ressent comme vrai ce que vous affirmez. Cela non plus ne doit pas être un objectif, c’est-à-dire qu’en visualisant, vous ne devez pas essayer d’atteindre cet état, ce serait un frein de plus. Je veux dire par là que cette sensation doit vous parvenir toute seule, naturellement, sans forcer. Et si elle ne vient pas, c’est très bien aussi, cela n’est là non plus pas très important.
  5. Voilà, l’idée est de parvenir à rester quelques minutes dans cet état en suspension, où le mental est totalement absent, n’est là qu’en observateur, où son moi profond accepte de ressentir non pas du désir de quelque chose, mais ce quelque chose comme bien là, pour de vrai. Et tout cela surtout, surtout sans forcer, tout en douceur, toujours en douceur. On ne veut rien imposer à son esprit, on laisse son esprit s’ouvrir et accepter quelque chose, c’est très différent.
  6. Pour terminer, généralement je reste en silence, dans le vide total quelques secondes, minutes si j’y parviens, juste pour laisser l’esprit se détendre. J’essaie toujours de rester le plus loin possible du sujet évoqué, restant dans l’idée que ce n’est pas important, que j’en suis totalement détaché. Si je sens venir de la gratitude, pour cette séance, pour mon esprit profond qui m’a entendu, je reste ainsi à éprouver cela. Mais je ne force pas, je laisse venir et si rien ne vient c’est très bien aussi. Enfin, je bois un grand verre d’eau pour m’hydrater et faire circuler ces énergies nouvelles dans mon corps.

Au cours d’une telle séance de méditation, il est important(!) de reconnaître que nous ne sommes pas aux commandes, en acceptant avec humilité que nous ne soyons qu’une modeste mécanique, qu’un modeste messager qui transmet son message le mieux possible, en évitant avec soin que notre mental trouble-fête affamé ne vienne perturber le processus. S’il est moment dans sa vie où il est primordial de lâcher prise et de mettre son ego de côté, c’est bien pendant une méditation de ce type. Et c’est d’ailleurs un excellent entraînement pour calmer un peu son ego. Cessez d’adhérer à l’idée que veut vous faire croire votre ego qu’il est tout puissant et qu’il peut changer votre réalité et réaliser vos désirs par la force du mental ! C’est tout le contraire. Et quand on a compris cela, alors les portes commencent à s’ouvrir.

Pour aller plus loin :

Si vous vous entraînez avec cette méthode et que vous avez des questions, posez-les directement en dessous ici dans les commentaires, cela pourra certainement intéresser d’autres personnes. Et vos commentaires seront également les bienvenus si vous pratiquez déjà ce genre de méditation d’une manière différente. Il n’y a pas de méthode universelle, et à chacun de trouver ce qui lui correspond le mieux. Qu’en pensez-vous ?